05 décembre 2004
1994 : Rwanda, année du génocide
La plaie est encore béante. Une journaliste de guerre disait dans Brigitte : "le temps des victimes est statique, il s'écoule très lentement. Les actions, les attaques, les bombardements, tout se passe très vite. Comme reporter de guerre, on filme les événements. Si je vais dans un hôpital, filmer un blessé et que je reviens 3 mois plus tard, rien ou presque n'aura bougé et je n'aurai aucune "nouvelle" à rapporter, c'est là toute la difficulté à rendre compte du vécu des victimes, mais aussi de la réalité de la guerre. La guerre, c'est essentiellement de l'attente, un temps suspendu. On attend au check point, on attend de pouvoir sortir de sa cachette, on attend de se remettre de ses plaies. Une longue, une interminable attente, qu'il est presque impossible de faire passer dans les médias actuels où c'est l'action, la rapidité de la transmission de l'information qui est mise en avant." Le Rwanda, c'était il y a 10 ans : c'était hier, c'est aujourd'hui encore. Dans la mémoire mais aussi dans les faits : à la frontière de la République du Congo, c'est toujours l'état de guerre.
02 décembre 2004
Les mystères de google
26 octobre 2004
Assiette
Enième reportage sur les Etats-Unis hier soir. Soudain tu dis : t'as vu toute la nourriture qu'il y a dans leurs assiettes ? Non, j'ai pas vu. Ni là, ni ailleurs, ni jamais. Tu viens du Sud et moi du Nord, là est toute la différence. On peut s'aimer et on peut se comprendre. Je perçois de plus en plus nettement que nous aurons toujours un regard, une attention différente. Tu as eu faim, moi pas. Une anecdote me revient, de mon beau-frère, un "mbenguiste" lui aussi, ces amis lui demandaient au pays : "est-ce que j'aurai faim en Europe ? Non ? Alors je n'aurai aucun problème, quel autre problème est-ce qu'il peut y avoir ?"
11 octobre 2004
Ma famille africaine
UN FILM A VOIR ABSOLUMENT. Un Suisse avec une Ivoirienne, leurs familles et leur bébé. Genre : auto-documentaire.
02 septembre 2004
A jour
J'ai réalisé un peu tardivement que j'avais pas répondu à des commentaires relatifs à des posts qui datent un peu. C'est rectifié et promis je vais faire plus gaffe ! ça me fait tellement plaisir, les commentaires. Et puis c'est très instructif.
18 juillet 2004
tu fais quoi dans la vie ?
En Europe, quand on fait connaissance avec des gens, on leur demande au bout de 4 phrases, tu fais quoi dans la vie ? C'est le travail qui donne l'identité sociale. En Afrique non. On demande d'où tu viens ? Et là, la personne donne le nom du village de ses parents ou de ses grand-parents même si cette personne vit en ville et n'a quasiment jamais mis les pieds dans ce dit village. C'est l'identité familiale et "clanique" qui donne l'identité sociale. C'est assez pratique parce que quoiqu'il vous arrive dans l'existence, vous ne pouvez pas perdre votre origine. Même au fin fond de la galère, vous venez toujours du village XY, vous êtes toujours du peuple Z.
En Europe, on perd son job et on perd son identité, ou tout au moins on risque de la perdre. Si vous êtes au chômage, votre interlocuteur s'attend à ce que vous disiez quelle est votre profession. ça lui suffit pas de savoir que vous êtes au chômage, il cherche à vous situer socialement. ça peut être affreusement désagréable, surtout si justement, sur l'échelle sociale, vous êtes nettement plus bas que votre interlocuteur. Le système africain est plus cool pour ça. Je préfère. On peut être à un mariage, faire la fête avec des tas de gens et ne jamais savoir ce qu'ils font "dans la vie". Tout n'est pas parfait non plus, on vous appréhende en fonction des stéréotypes qu'on attache à tel ou tel peuple. Les femmes de l'éthnie X, elles sont de moeurs légères, ceux de l'ethnie Y c'est des bosseurs, etc. etc. Mais il y a au moins autant de clichés rattachés aux classes sociales en Europe que ceux rattachés aux peuples en Afrique !
Une fois qu'il est établi de quel peuple vous êtes, les Africains demandent comment vont les membres de votre famille. Et puis..si vous êtes mariés et sans enfant, on vous demande tout de go si vous êtes enceinte et si vous l'êtes pas ou vous incite à l'être le plus vite possible. Quelle indiscrétion ! Non, rien n'est parfait !